
1. Excentrique Monsieur Tati
Le réalisateur de « Playtime » prend des vacances à la Cinémathèque française de Paris jusqu'au 2 août. L'occasion d'aller déplier les transats rue de Bercy pour faire une bonne cure de burlesque et de poésie.
2. De son vrai nom Tatischeff, Jacques Tati a filmé la modernité. Celle qui accompagna l'exode rural durant la deuxième moitié du 20ème siècle, celle que Boris Vian tourna en dérision dans sa chanson géniale « La Complainte du progrès » : « Des draps qui chauffent / Un pistolet à gaufres / Un avion pour deux / Et nous serons heureux ».
« Un visage à la Prévert sur le corps de De Gaulle »
3. Mais avant de s'intéresser à l'embourgeoisement d'une certaine France d'après-guerre, Tati commence par le début : la vie à la campagne. Son premier long métrage sorti en 1949, « Jour de fête », conquiert un large public, charmé par ce cinéma sans dialogues, tout en bruitages et en mimiques subtiles. Dans ce film, le réalisateur endosse la tenue d'un facteur provincial dans un pays assoupi, qui sursaute lorsque celui qui livre le courrier sur sa bicyclette commence à employer des méthodes américaines...
4. Quelques années plus tard, Jacques Tati troque la casquette de postier pour le chapeau de Monsieur Hulot. Il emmène son personnage au bord de la mer, près de Saint-Nazaire (« Les Vacances de Monsieur Hulot », 1953), avant de l'exposer au monde urbain en perpétuelle mutation (« Mon oncle », 1958 ; « Playtime », 1967). C'est le triomphe.
Jacques Tati n'a réalisé que neufs films, mais l'œuvre est de poids et en a inspiré plus d'un : le réalisateur Olivier Assayas, l'architecte Jean Nouvel ou encore l'illustrateur Sempé, qui ont participé à un entretien pour le catalogue de l'exposition.
5. Un visionnaire à la Cinémathèque
Déambulations loufoques, balades architecturales et projections multiples plongent le visiteur dans l'univers sonore et visuel du cinéaste. « Jacques Tati, deux temps, trois mouvements », organisé deux ans après le centenaire de sa naissance, s'adresse à tous : aux adultes, qui seront surpris par des raretés « tatiesques », et aux plus jeunes, loin d'être étrangers à ce monde filmé où tout va toujours plus vite !
Tati Trip de Paris à Sainte-Sévère sur Indre
6. Pour prolonger l'exposition, les visiteurs peuvent s'aventurer dans un « Tati Trip » parisien : spectacle au Théâtre de Chaillot, visite de la villa de « Mon oncle » (reconstituée en taille réelle) au 104... Et pour ceux qui ne souhaitent pas que le voyage s'arrête, il est toujours possible de piquer au sud, direction Sainte-Sévère sur Indre (dans la région Centre). Jacques Tati y a tourné « Jour de fête ». Une maison dédiée au film a ouvert le 4 avril. Elle abrite un spectacle en Scénovision : 60 minutes pour revivre le tournage qui a transformé cette petite ville du centre de la France en « vedette de cinéma » !
Jacques Tati, deux temps, trois mouvements, jusqu'au 2 août 2009
La Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75 012 Paris
Tél. + 33 (0)1 71 19 33 33
Tarifs : 8 € (plein tarif pour l'exposition), 6 € (plein tarif pour les projections)
www.cinematheque.fr
7. Fastes de cour et cérémonies royales
« Fastes de cour et cérémonies royales » raconte à travers plus de 200 œuvres l'histoire du costume de cour en Europe du milieu du 17ème au début du 19ème siècle. Pour un tel événement qui met la couture au premier plan, on ne s'étonne pas que la maison Chanel en soit le mécène.
Révolution française oblige, il ne se trouve aujourd'hui plus un habit de cour en France. Le Château de Versailles a donc dû frapper à la porte de ses amis russes, suédois, portugais ou autrichiens, afin de rassembler des dizaines de trésors, tenues et bijoux destinés en leur temps à « éblouir pour s'imposer », selon l'expression_ de Karl Lagerfeld. Parmi les curiosités exposées : le costume de couronnement « à la française » du roi Gustave III de Suède, qui aurait été conçu en 37 jours par 40 ouvriers !
Jusqu'au 28 juin 2009
Château de Versailles
Tél. + 33 (0)1 30 83 78 00
www.chateauversailles.fr